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Bonneau Gilles (1937-   )* ref.144

** Aministrateur et Directeur Général du Ralliement des Familles Bonneau de 1981 à 2013**



  • Année et lieu de naissance : 1937  Baptisé à Ste-Perpetue de L’Islet, QC
  • Année et lieu du décès : 
  • Nom du père : Bonneau Émile (1893-1976)
  • Nom de la mère : Roy Simone 
  • Éducation : 
  • Profession : 
  • Épouse : Gauthier Gisèle
  • Mariage : 15 juillet 1961 à St-Rémi, Montréal, QC
  • Enfants avec épouse : 
    1. Bonneau Marie-Josée (1966- )
    2. Bonneau Martin


Voici un texte de Gilles Bonneau. Texte que j’ai retrouvé sur la page Facebook de la municipalité de Tourville à l’occasion de leur 100e. Parlant de sa jeunesse.

TEXTE DE GILLES BONNEAU:

Souvenirs d’enfance… La retraite paroissiale…

«Je vous parle d’un temps

Que les moins de vingt ans

Ne peuvent pas connaître...» Charles Aznavour : La Bohème

Pendant presque trois décennies des années 40 jusqu’en 60, nous les plus vieux de Tourville, avons été élevés dans l’eau bénite...L’église était au centre du village, souvent imposante et bien visible et cette deuxième maison était venue un endroit où il ne fallait pas s’en éloigner sous peine de péchés...Cette vie spirituelle prenait parfois plus de place que celle de notre quotidien...Qu’on se souvienne de la période du carême et de son apothéose de la semaine Sainte, de la périodes de l’Avent et des fêtes de Noël, du mois de Marie, de la chandeleur (bénédiction des gorges…), du Mercredi des cendres ...Memento, homo, quia pulvis es et in pulverum reverteris...Souviens-toi Ô homme que tu es poussières et que tu retourneras en poussières...et enfin, la retraite paroissiale…

Comme nous étions tous des pécheurs (et non des pêcheurs…) et que les prêtres de nos paroisses n’étaient plus capables de nous remettre dans le droit chemin, on faisait venir à la rescousse les meilleurs orateurs des différentes communautés religieuses : les pères du Sacré-cœur, les pères Capucins ou Franciscains, les pères Rédemptoristes, les pères de Sainte-Croix, les Clercs de St-Viateur etc...pour un bon rafraîchissement de notre petit catéchisme et surtout purifier nos âmes afin d’aller au ciel ! Quel spectacle parfois de ces hommes d’église qui du haut de la chaire, revêtus de leurs plus beaux costumes, une grande croix sur la poitrine afin de mieux attirer notre attention, donnait à leur auditoire. Les bancs étaient tous occupés car malheur à ceux ou celles qui s’en absentaient...notre bon curé était là tout près qui veillait. Souvent, ces moments inoubliables se poursuivaient durant tous les soirs de la semaine (19hres) au mois de mai avec un thème à chaque soir. Le dernier soir était le grand soir…! Celui de l’enfer...La peur s’installait très rapidement en entrant dans l’église, parfois les fenêtres étaient drapées par de grands voiles noirs, les lumières tamisées, les cierges allumés et les mines des paroissiens présents en disaient longs. C’est alors que les talents de ces prêcheurs se manifestaient avec les plus grands éclats. Tout y passait jusqu’aux derniers tisons qui nous chauffaient les fesses et le grands crucifix dans la main qui se baladait dans tous les sens comme pour nous rappeler que nos nombreux péchés qui pesaient lourds dans nos âmes, faisaient encore mal au Christ ...! Le résultat de toute cette mise en scène ne prenait pas de temps à se manifester. Les confessionnaux en arrière de l’église étaient pris d’assaut et on finissait tard dans la soirée de purifier les âmes…

Lors de mes années de Belles-Lettres au collège, mon titulaire de classe m’a fait découvrir un petit chef d’œuvre littéraire qui, encore aujourd’hui, ne me quitte pas : Les Lettres de mon Moulin d’Alphonse Daudet. Parmi les savoureux contes de ce grand écrivain, il y a celui intitulé : Le curé de Cucugnan, que je vous invite à lire et à relire (voir photos). On peut y faire aisément le parallèle avec ce que je vous raconte sur les retraites paroissiales de notre temps.

Au cours d’un de ces printemps (1950) où un de ces purificateurs de nos âmes passait, un père Rédemptoriste fut invité à notre table familiale un midi. Ma bonne maman Simone l’avait invité car elle avait décelé en moi que le Saint-Esprit m’avait envahi au point où une vocation religieuse était évidente. Cette chère maman avait donné naissance à neuf garçons et aucun n’avait manifesté jusqu’alors, le moindre intérêt aux ordres religieux à son grand désespoir. Comme j’étais son petit dernier, elle revoyait en moi un de ses nombreux oncles prêtres et peut-être porter une soutane rouge…Qui sait ? Toujours est-il, que mon sort de futur prêtre fut décidé autour de ce repas. Au début du mois de septembre 1950, pendant l’année sainte, on m’amena avec ma grosse valise d’étudiant, au Juvénat St-Alphonse à Ste-Anne-de-Beaupré chez les pères Rédemptoristes où j’ai eu 13 ans le 13 septembre, ayant comme mission de prier le saint patron, St-Alphonse et la Bonne Sainte Anne presque 24 heures par jour. Ce déracinement familial presque subit ne fut pas sans une certaine délivrance car elle me libérait des griffes infernales du professeur Isidore Deschênes avec lequel je venais de terminer une septième année cauchemardesque et le mot n’est pas trop fort..!| (Les détails vous seront racontés dans une prochaine chronique…) Il est à remarquer également ici que le bon Père spirituel avait réalisé son objectif par ces retraites paroissiales car en plus de purifier nos âmes, sa présence dans nos paroisses avait pour but de recruter de jeunes garçons pour garnir leurs communautés religieuses et faire éclore des vocations dans leurs pensionnats. Malheureusement pour maman Simone, la température et la pression constante du Juvénat St-Alphonse n’a pas permis son éclosion… Après trois années de ce régime intense et soutenu de prières et de privations, on m’a fait savoir que le Saint-Esprit avait été éjecté de mon corps principalement pour des raisons futiles et trop longues à raconter ici…! La deuxième étape de mon cours classique s’est poursuivi par la suite au Collège St-Louis à Edmundston au Nouveau-Brunswick chez les Pères Eudistes où j’ai eu comme confrère, un certain Armand Chouinard, fils d’Edmond de Tourville, personnage bien connu des Tourvilliens, original et sympathique, dont certains souvenirs et hauts faits personnels vont seront racontés dans une prochaine chronique…







Recherches : Louise Bonneau (1969-   )*

© Louise Bonneau 2021