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Bonneau Jean-Claude (1928-2018)* ref.144

Photo source : Coopérative funéraires des deux rives

  • Année et lieu de naissance : 11 mai 1928 Tourville, QC
  • Année et lieu du décès :  8 décembre 2018 à Lévis, QC
  • Nom du père :  Bonneau Émile (1893-1976)
  • Nom de la mère :  Roy Simone
  • Éducation : l’école d’arts et métiers de Tourville
  • Profession :  ouvrier, charpentier et menuisier
  • Épouse : Boucher Réjeanne
  • Mariage : 9 mai 1953, Tourville, Qc
  • Enfants avec épouse :  
    1. Bonneau Marie-France
    2. Bonneau Luc
    3. Bonneau Lucielle
    4. Bonneau Yves


Voici un texte de Gilles Bonneau, le frère de Jean-Claude à l’occasion de son décès. Texte que j’ai retrouvé sur la page Facebook de la municipalité de Tourville à l’occasion de leur 100e. Il raconte la vie de celui-ci. 

Bonjour

Dimanche dernier, nous avons célébré les funérailles de mon frère Jean-Claude Bonneau. Une cérémonie empreinte de beaucoup d’émotion et présidée par l’abbé Gabriel Gingras, «le curé qui chante» et qui fut longtemps à la tête de la paroisse de Charny. Une bonne connaissance de la famille. Lucille, la fille de Jean-Claude  lui a rendu un bel hommage pour ses belles qualités de père et de pilier de la famille. J’ai composé et lu un texte qui, je pense, résume bien ses 90 ans bien sonnés. Je vous le propose à votre attention. Parmi les familles Bonneau, celle de Jean-Claude et de Réjeanne (Boucher) fut celle qui a demeuré le plus longtemps à Tourville. Grands mercis aux gens de Tourville qui se sont déplacés dimanche pour nous accompagner dans ce deuil.

 Jean-Claude Bonneau 

(1928-2018)

Bonjour à tous,

 Je voudrais d’abord offrir toutes mes sympathies à la famille proche particulièrement aux enfants de Jean-Claude : Marie-France, Luc, Lucille et Yves ainsi qu’à ses petits-enfants et arrière-petits-enfants. Le décès si rapide de Jean-Claude laissera sans aucun doute un grand vide dans tous ces cœurs attristés. Ayant vécu 90 années bien sonnées, je pense qu’il doit se dire qu’il les a bien remplies… Né à Tourville le 11 mai 1928 dans un petit village du Bas St-Laurent situé au pieds des Appalaches, il est le troisième enfant du couple d’Émile et de Simone Roy, né comme nous tous à la maison dans la grande chambre au lit de plumes… 6 autres garçons et 2 filles se succéderont par la suite.  Le petit village de Tourville dans le comté de l’Islet, fondé en 1919, était à l’époque en plein essor économique grâce à construction de la ligne de chemin de fer transcontinental reliant Charny à Edmundston au N.B.  Notre père Émile, fraîchement diplômé de l’École forestière de Duchesnay comme membre de la première promotion en 1925, s’empressa d’épouser notre mère, Simone Roy à St-François-de-Montmagny. À l’été de la même année , ils s’installèrent dans un petit loyer au cœur du village de Tourville après avoir obtenu un emploi du Ministère des Terres et Forêts comme garde-feu et inspecteur forestier. 

Jean-Claude a donc grandi dans ce brouhaha économique au son des criards des locomotives et à respirer la boucane charbonneuse de ces immenses engins à vapeur. Il fit ses études primaires et secondaires dans ce petit village se permettant même un bref séjour comme pensionnaire au collège Ste-Anne- de-la-Pocatière. Ses études secondaires se terminèrent même en apothéose graduant avec grande distinction à l’école d’arts et métiers de Tourville. Il fut même élu le président de sa classe et, reconnu comme un homme de peu de mots, il prononça un discours lors de sa graduation afin de remercier ses professeurs et les autorités concernées… Avec ce bagage théorique et pratique, il ne prit pas de temps à garnir son coffre à outils et à se lancer sur le marché du travail. Pendant les années où il a vécu à Tourville, il s’est acquis une solide réputation comme charpentier-menuisier. Mais, l’attrait du chemin de fer fut plus fort que le marteau et l’égoïne… On l’engagea comme homme à tout faire sur les trains et après quelque temps, il passa les examens comme serre-freins.

Pendant que le chemin de fer roulait à plein régime, le village de Tourville se transformait au même rythme et la vie économique y battait son plein. Au mois de juin 1947, une famille venue de St-Athanase-de-Kamouraska, celle de Pierre Boucher et de Rose-Anna Michaud, acheta un hôtel au centre du village et avec leurs huit enfants se mirent rapidement à la tâche. Parmi les enfants de ce couple, une belle petite blonde, Réjeanne, intéressa grandement notre Jean-Claude. Après quelques années de jeux romantiques, ils se marièrent le 9 mai 1953 à Tourville, année où Réjeanne fut élue reine du carnaval d’hiver du village...le gros lot quoi! Ils installèrent leur vie amoureuse dans un logement situé au deuxième étage de la maison de Laurette, la sœur de Réjeanne, qui y exerça alors le métier de coiffeuse.  

Cependant, les années qui suivirent ne furent pas très confortables pour eux financièrement. La naissance de leurs deux premiers enfants, Marie-France et Luc, ajouta un peu d’inquiétude à leur quotidien. Les promesses d’une ville modèle de chemin de fer transcontinental de Québec à Moncton commencèrent à s’estomper et on parlait de plus en plus de fermer la grande usine de réparation des locomotives à vapeur qui survint le 15 mai 1954, donc une année après leur mariage. Jean-Claude a  dû se résigner à sortir son coffre d’outils afin de faire vivre convenablement sa petite famille. Avant de revenir sur les  «tracks», il a besogné un peu partout, travaillant comme ouvrier en menuiserie, au déménagement de maisons, au moulin à scie et parfois sur les chemins de fer mais sur d’autres divisions loin du foyer, en Abitibi par exemple… une époque difficile où le petit village de Tourville se vidait de ses familles. Peu à peu, les locomotives  à vapeur furent remplacées par celles actionnées au diesel  et le grand rêve transcontinental fut définitivement abandonné... Au début des années 60, la famille déménagea à Charny où les trains étaient beaucoup plus actifs et nombreux et le travail comme serre-freins, plus disponible.

La nouvelle maison était située sur la rue du Rail, grande et confortable et graduellement la vie devenait plus agréable et moins angoissante. Deux autres enfants s’ajoutèrent à la famille : Lucille en 1961 et Yves en 1964. Quelques années plus tard, la famille déménagea de nouveau dans un nouveau quartier plus tranquille de Charny sur la rue Michel-Lemieux. C’est à cet endroit que les jours s’écoulèrent paisiblement et que le quotidien devenait de plus en plus serein.

Peu de temps après la retraite de Jean-Claude, maintenant que les enfants avaient quitté la maison, ils décidèrent de se faire     un petit chez-soi durant les mois d’été au Camping de la Demi-Lieu à St-Jean-Port-Joli. Durant plusieurs étés, on les voyait heureux dans cette nature et très comblés par cette vie conviviale entourés de bons amis.

Lorsque nous étions invités à la table de Jean-Claude et de Réjeanne, c’était toujours la fête et la bombance. Il n’y avait pas de compromis, la table était pleine et invitante. Ce sont de merveilleux souvenir qui resteront gravés sans aucun doute dans la mémoire de tous leurs invités. Nos plus beaux souvenirs personnelles, Gisèle et moi sont ceux de leurs nombreuses visites au chalet du Canton des Roches sur les rives de la rivière Ouelle. Encore ici, la bouffe généreuse sur la table, du bonheur, des rires et de vrais moments de détente. Nous n’oublions pas ici la très grande générosité de Jean-Claude lors des dernières rénovations des années 1995 et 1996 où ses talents de menuiserie et de bricoleur nous furent d’un grand secours.

Puis les années passèrent...Après la vente de leur roulotte au camping de la Demi-Lieu, ils écoulèrent des jours heureux et tranquilles à la maison bien entourés par leurs enfants et petits enfants. Jean-Claude occupé à entretenir sa vaste cour arrière et à ramasser ses feuilles...tout en les numérotant, Réjeanne s’occupant à bichonner ses fleurs. Cette quiétude fut cependant brutalement assombrie le 19 mai 2010 lorsque Réjeanne après une longue séance de jardinage dans la matinée, se sentit mal au point de vouloir rapidement se reposer au lit… un accident vasculaire cérébral la foudroya sans lui donner aucune chance laissant Jean-Claude et les enfants complètement abasourdis. Il a dû, suite à cette séparation brutale, réorganiser son quotidien.    

Quelque temps après cette épreuve, il partagea quelques années d’un nouveau bonheur avec une amie qu’il avait connue antérieurement et encore là, la fatalité bouleversa de nouveau ses plans. Une autre brutale séparation s’invita soudainement par le décès subit de cette nouvelle conjointe, le16  septembre 2013.

Les cinq années qui suivirent furent longues et de plus en plus éprouvante pour Jean-Claude étant obligé de faire face à des ennuis de santé de plus en plus nombreux. Ses forces diminuèrent graduellement et on le voyait amaigri et un peu chambranlant. Après une hospitalisation soudaine pour une pneumonie, ses forces l’abandonnèrent et on a dû se résigner  pour une nouvelle hospitalisation afin de lui prodiguer les derniers soins palliatifs. Il décéda paisiblement dans la nuit du 8 décembre dernier, le jour de la fête de L’immaculé-Conception….  

 Au revoir Jean-Claude, tu as bien mérité ce grand repos. Veille sur nous tous.

Ton frère Gilles. 

Québec le 16 décembre 2018.



Recherches : Louise Bonneau (1969 -    )

© Louise Bonneau 2021